Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage... (Georges Brassens)

jeudi 21 février 2013

Melbourne


N.B. Il y a deux articles coup sur coup. Eh oui, comme il était très difficile de trouver un wifi gratuit en Australie et que les wifi payant étaient hors de prix nous avons du retard... Dur à croire que le pays où nous avons eu le moins de moyens de communication soit l'Australie...


Nous avons passé 25 jours dans ce pays plein de soleil, de vagues, de sable, de forêts, de kangourous, de koalas, de perroquets et de… Français ! A notre arrivée à l’aéroport, c’est Catherine qui nous accueille et nous emmène chez elle, dans un quartier résidentiel calme de Melbourne. Quel confort de ne pas devoir réfléchir en sortant de l’avion. Juste suivre quelqu’un de confiance, et parler notre langue maternelle… A notre arrivée « à la maison », c’est le luxe : une chambre pour nous, une grande cuisine, un jardin, des repas équilibrés avec des produits on ne peut plus frais et même un taxi personnel, nous parlons bien sûr de Catherine, qui nous emmène partout lorsqu’elle le peut. En plus d’être notre cuisinière, elle est notre secrétaire pour appeler le centre de vaccination du coin (un petit rappel à faire), notre traductrice (les Australiens sont plutôt compliqués à comprendre…) et notre guide. Et oui, Catherine nous a fait découvrir l’Etat du Victoria de la plus belle des manières : en nous conduisant dans les plus beaux endroits, mais là où les touristes ne vont pas !

A commencer par la forêt de Dandenong, à côté de Melbourne. Des eucalyptus immenses nous entourent, avec à leurs pieds des fougères centenaires. Les feuilles de ces dernières font en tout cas deux mètres de long ! Autour de nous, ça caquète ! De jolis perroquets bleu et rouge virevoltent de branche en branche et essaie même de nous piquer notre sandwich. D’ailleurs Valentin est bien persuadé que quelqu’un lui pose la main sur l’épaule avant d’avoir faire un tour sur lui-même et de se rendre compte qu’il a un perroquet sur lui ! Trop drôle ! C’est qu’il venait d’ouvrir le coolbox plein de victuailles…

Un autre jour, nous nous rendons vers une maison toute particulière. En fait, elle n’a rien d’extraordinaire, si ce n’est qu’elle a été le domicile des grands-parents de Christelle pendant trois ans. Une énorme pensée à eux à ce moment-là et quelques photos qui leurs sont envoyées sur le champ.

Petite balade en voiture sur la péninsule de Melbourne, où Catherine nous laisse le temps de découvrir les beaux points de vue, ainsi que de prendre notre tout premier bain australien sur une plage digne d’une île paradisiaque. Sable fin et eau chaude translucide, le rêve ! Ah oui, pour tous ceux qui sont sous la neige, on pense fort à vous bien sûr ! Hihi !

Mais venons-en au but principal de notre épopée en Australie : l’Open de tennis ! Oui, oui, nous avons eu la chance d’aller voir les matchs ayant lieu dans la Rod Laver Arena et tous les autres courts durant deux jours de suite ! Non, pas Federer malheureusement… ce Monsieur n’est jamais venu à la seule occasion que nous avions de l’entre-voir (entre les centaines de gens amassés devant nous), c’est-à-dire à un entraînement prévu sur un court annexe. Mais on s’est bien rattrapé, car nous avons vu jouer devant nous, en live, en vrai : Djokovic et Berdych, Tsonga et Gasquet, Kuznetsova et Wozniaki, Azarenka et Vesnina, Sharapova et Makarova et pleins d’autres… Mais le best of, c’était quand même Martina Hingis dans un match des légendes !
On a bien essayé de faire « coucou » à la caméra pour que vous nous voyiez à la TV, mais elle n’est jamais venue se fixer sur nous… Alors vous avez le droit de ne pas nous croire d’avoir vu toutes ces stars du tennis en vrai juste devant nos yeux, mais ce n’est pas du pipeau, on y était ! hihi ! Nos impressions ? C’était génial de voir tout ce qui entoure le court et qu’on ne voit pas à la TV, d’entendre Sharapova crier (comme plusieurs autres d’ailleurs) et de se dire une fois de plus : elle exagère !, de voir ce qu’il se passe durant les publicités, mais surtout, de voir courir ces joueurs et ces joueuses en réalité. Ce qu’ils font est vraiment fou et on se demande bien comment ils tiennent le coup pendant toutes ces heures de tennis intensif et parfois par une chaleur écrasante. Nous pensons par exemple à notre cher Wawrinka qui finit par perdre contre le numéro 1 mondial Djokovic, après 5h de match, et donc à 2h du matin ! Et d’ailleurs, une question nous turlupine encore : comment gèrent-ils la crème solaire ? Parce qu’on peut vous le garantir, sans crème, c’est le coup de soleil garantit en dix minutes tant les rayons sont méchants dans ce coin-ci du globe. Alors comment faire pour que la crème ne coule pas dans les yeux et pour que la protection tienne la durée des longs matchs ? A part ça, on reviendrait volontiers, car c’est vraiment sympa de vivre un tel événement sportif en live et « à l’heure » !

Et puisqu’on est à Melbourne, autant profiter d’aller voir les Douze Apôtres, ces formations rocheuses magnifiques qui se trouvent au bord de l’océan ! Catherine nous emmène (deux autres jeunes Françaises également en séjour chez elle et nous) sur la Great Ocean Road, qui longe des plages splendides, qui traverse des forêts impressionnantes pleines de koalas, des bouts de campagne et des villages sympathiques. Nous passons entre autre par Geelong, Apollo Bay et Port Campbell. Nous avons la chance de pique-niquer à plusieurs reprises devant des paysages splendides et de nous amuser dans de belles vagues. Mais sur ce coup-là, je crois que les images parleront vraiment mieux d’elles-mêmes. Toujours est-il que nous avons eu énormément de plaisir à découvrir cette belle région qu’est le Victoria avec Catherine, Lynda et Amandine ! Il ne nous reste qu’une chose à dire : MERCI Catherine et Clive pour votre accueil chaleureux !

Nous quittons ensuite le Victoria pour Sydney, puis Perth… Tout ça en détails et en images dans le prochain article !

Après quatre mois en Amérique du sud...


Après quatre mois passés en Amérique du Sud, nous voulons aussi vous parler et vous montrer certaines réalités de ce continent, ou en tout cas des quatre pays que nous avons visités. Par où commencer ? Peut-être par vous parler des choses qui nous ont surpris plutôt négativement et finir ensuite par les choses qui nous ont agréablement étonnés.

Pour commencer, la pollution et les déchets sont des problèmes auxquels les Sud-Américains sont très peu sensibilisés. Très souvent les gens jettent leurs déchets dans la nature, au bord des routes, juste derrière la clôture de leur jardins (du coup il y a un jardin très propre, entouré d’un champ de bouteilles PET, eh oui ça à l’air de pousser dans les champs…) et même certaines fois les jardins servent de déchetterie. Ce problème a tendance à gâcher un peu certains paysages car il n’est pas rare de se trouver sur un point de vue pour admirer une beauté de la nature et de baisser les yeux ou de tourner la tête pour apercevoir une petite déchetterie « sauvage ». Au niveau pollution encore, les voitures et les camions sont plus que vieux et certains (beaucoup) n’ont aucun filtre à particules ni aucun catalyseur. Du coup les gaz sont très, très noirs et nauséabonds. Même s’ils utilisent les véhicules jusqu’au bout et les pneus aussi par exemple, ce qui évite le gaspillage, il y a un moment où ces véhicules ne devraient plus avoir l’autorisation de circuler car ils polluent et ne donnent plus aucun gage de sécurité. Du coup voilà, on a très souvent pesté et toussé sur les trottoirs, en particulier au Pérou et en Bolivie. Nous avons aussi souvent été choqués de voir des sacs plastiques, pneus, bouteilles, poubelles et toutes sortes de déchets partout. Partout, partout… et ceci au Chili et en Argentine aussi, même si ces deux pays sont un peu plus développés que le Pérou et la Bolivie économiquement et socialement. A ce niveau-là, on remarque clairement qu’en Suisse on est très bien loti et que la population fait des efforts de tri des déchets et essaie de diminuer son impact sur l’environnement en prenant les transports publics par exemple. Et ce malgré le fait qu’on entende souvent qu’on ne fait pas assez d’efforts dans ce domaine. Mais au lieu de nous rappeler constamment ce qu’on ne fait pas bien, il faudrait plutôt nous encourager à continuer nos efforts et à les accroître. En bref, il faudrait prendre le problème avec une vision plus positive car les efforts par rapport à d’autres pays développés (on pense au Canada et à l’Australie, au Chili et à l’Argentine) sont considérables. Pour le Pérou et la Bolivie, nous nous sommes souvent posé la question suivante : Comment diminuer la pollution et rendre les rues et les maisons moins insalubres. Mais aucune solution nous vient à l’esprit quand on voit que certaines familles vivent dans des maisons faites en adobe et qui ne sont pas finies d’être construites (et ne le seront peut-être jamais). Ou encore quand on remarque qu’à la Paz, certaines familles sont contraintes de vivre dans des maisons qui risquent de s’effondrer dans un glissement de terrain après la prochaine forte pluie. La question est difficile. Comment imaginer améliorer la qualité de vie d’un pays lorsqu’une grande partie de la population ne peut que se donner les moyens de survivre dans la misère ?


Autre point que nous n’arrivons pas à nous décider à mettre dans le côté négatif ou positif de l’Amérique du Sud. Pour Valentin, c’est parfois négatif, Christelle trouve cela plutôt comique… les toilettes ! Alors on le met entre les deux. Qu’elles soient publiques ou privées, dans un hôtel ou dans un camping, les toilettes ne se ferment (quasiment) jamais ! Si, si, elles ont bien une porte (quoique parfois c’était la porte d’entrée de toutes les toilettes !), mais le loquet est quelque chose qui n’existe pas. Non, ce n’est pas vrai, la moitié du temps, il y en a un, mais il n’est pas possible de le fermer. Donc c’est comme ça, on ouvre trois cabines en tombant sur des mecs ou des filles avant d’en découvrir une libre, et là encore on n’est jamais tranquille sur son trône, comme dirait Monsieur. Le « pire » soucis, c’est lorsque la porte est à 3m des toilettes… on ne peut pas la retenir si quelqu’un entre. Alors on fait avec, et on en devient parfois constipé… Doit-on parler du papier hygiénique ? Rien de plus simple : il n’y en a pas ! Alors on porte toujours son PQ sur soi, ça fait partie de l’ordre en poche. Et comme les canalisations n’ont pas été faites pour le papier, ben il y a une petite poubelle remplie de papier utilisé à côté des WC. Certaines fois c’est appétissant…

En parlant d’appétit nous entrons dans un des supers côtés de notre voyage en Amérique du Sud. En effet, depuis le Pérou jusqu’en Argentine en passant par la Bolivie et le Chili, on a toujours très bien mangé. En commençant par les steaks d’Alpaga avec pomme-de-terre ou quinoa des hauts plateaux andins, le jus de fruits exotiques concocté sous nos yeux, le ceviche ou le saumon du Chili, les tartines au dulce de leche et les steaks de bœuf accompagnés d’un bon Malbec en Argentine. On pourrait vous parler de bons petits plats pendant des heures mais c’est juste pour vous mettre l’eau à la bouche. Une autre particularité de ces pays sont la feuille de coca pour la région andine et le mate (infusion) pour les Argentins. La feuille de coca occupe une place importante dans la population des Andes et principalement chez les Quechuas et les Aymaras que ce soit  mâchée, infusée ou donnée en offrande. Elle a en effet des vertus préventives contre le « soroche » (le mal des montagnes), elle  a aussi des vertus stimulantes (les chauffeurs de bus se bourrent les joues de feuilles de coca pour ne pas s’endormir) et est très utilisée comme offrande à Inti (le soleil) ou à Pacha Mama (mère nature). Les Argentins ont pour leur part leur boisson nationale, le mate. C’est un mélange d’herbes à infuser qui se boit dans une calebasse et qui a un goût très amer. Ils sirotent leur mate à longueur de journée à la paille et ils le partagent avec leurs amis et ce, toujours dans la bonne humeur et en discutant pendant des heures.

Parlons des gens. Contrairement à nos appréhensions d’avant-voyage, les Sud-Américains sont adorables ! Certes, au Pérou, nous sentions parfois une certaine tension ou agressivité entre eux, mais jamais envers nous. Ils nous ont toujours respectés, aidés, conseillés, souris. Au marché, dans les restaurants, dans les hébergements, dans les bus, dans les stations essence, partout, nous nous sommes sentis accueillis, et la plupart du temps, avec le sourire. Certains ont engagé la discussion avec nous, malgré que notre espagnol ne soit pas bon. Ils prenaient le temps, même s’ils devaient attendre qu’une phrase complète et plus ou moins correcte sorte de notre bouche. Certains nous ont dévoilé des bribes de leur vie, comme Vanessa, notre professeur d’espagnol, ou Reinaldo, notre guide en montagne. Nous sommes ressortis enrichis de chaque conversation. Ici, les gens sont ouverts à l’étranger, malgré un passé qui pourrait les pousser à ne pas nous apprécier. Un point qui nous a bien fait réfléchir… En faisons-nous de même avec les touristes de passage en Suisse, quelque soit leur nationalité ?

Le dernier point fort de notre voyage en Amérique du Sud, et pas des moindres… les paysages grandioses ! La région de Nazca, les alentours d’Arequipa, les ruines incas autours de Cusco, la vallée des Incas, le Salkantay, le Machu Picchu, le lac Titicaca et ses îles, les montagnes bordant la Paz, le Salar d’Uyuni, le désert d’Atacama, ses lagunes, sa vallée de la Lune, les canyons argentins, la cordillère des Andes du nord au sud, l’Aconcagua, la région des lacs et volcans du Chili, la côte océanique en Argentine, les paysages fous de Patagonie, à Torres del Paine, au Perito Moreno, à El Chaltèn, puis pour terminer, Ushuaia et le canal de Beagle… nous avons été éblouis, nous avons souvent été stoppés dans notre avancement, comme cloués devant tant de beauté. Oui, nous sommes d’abord venus ici pour vois des paysages, des montagnes, de la nature quasi vierge, mais nous ne nous attendions pas à autant, à si extraordinaire et en prime à être accueillis de la sorte. Il y avait toujours une phrase d’intérêt, sur nous, sur ce qu’on vient faire en Amérique du Sud ou sur notre pays, même si c’était juste pour nous dire de bien saluer Roger Federer quand on le croisera en Suisse… (on a bien ri ce jour-là), il y avait toujours un petit mot sympa…  C’était magique !

Evidemment que les photos et les textes que nous vous avons fait partager dans les articles précédents ne permettent pas de vous transmettre les émotions que nous avons ressenties. C’est pourquoi nous nous sommes si souvent dit : «  Si seulement nos amis et familles pouvaient être là, avec nous, pour voir ça… ». Alors à tous ceux qui aiment le voyage et qui ne connaissent pas encore ces régions si belles, nous voulons vous dire une chose : foncez ! amé

vendredi 8 février 2013

Buenos Aires


Après un décollage quelque peu secoué par le vent patagon, nous profitons une dernière fois de la vue magnifique sur le canal de Beagle et les montagnes de la Terre de Feu. Quatre heures plus tard nous voici à Buenos Aires. Le choc des températures est assez brutal. Nous passons de 10-15°C à plus de 32°C. Au terminal d’arrivée nous troquons donc nos bonnets, gants et vestes polaires contre nos tongues et nos shorts. Que c’est agréable ! Nos premières impressions de Buenos Aires sont positives et se confirmeront pas la suite. Nous avons décidé de nous installer dans Palermo, le quartier animé (dans le bon sens du terme) de la ville. Au programme de ces derniers jours sud-américains, tango, découverte de certains monuments de la ville à vélo, détente et shopping. Buenos Aires est un mélange des plus grandes villes européennes. Un petit air de Paris avec ses activités culturelles, ses cafés, ses terrasses. La douceur du climat nous emmène à Barcelone et les boutiques de modes et de prêt-à-porter sont dignes des grands couturiers de Milan. Et bien sûr ce côté argentin avec du bœuf dans tous les restaurants et des milongas bondées qui bercent les soirées au rythme du tango. C’est d’ailleurs sur ces rythmes que nous passons notre première soirée. Une heure de cours pour découvrir les bases du tango. Selon le professeur, le tango est « muy facìl », c’est comme une marche : gauche, droite, gauche, droite, etc. Mouais, facile à dire, encore faut-il ne pas marcher sur les pieds de sa partenaire où ne pas foncer dans un autre couple ! Et finalement suivre le tempo de cette musique si particulière.


Mais le premier cours fût  une super expérience, tellement sympa que nous avons enchaîné avec deux autres cours les soirs suivants. Après une courte nuit, car la soirée s’est terminée tard sur une terrasse avec un cocktail et de la musique « live », nous louons deux vélos pour découvrir la ville qui est découpée en quartiers bien différents. En premier lieu nous traversons le quartier aristocratique avec ses vieilles demeures charmantes. Ensuite nous traversons le quartier des banques avec ses quelques gratte-ciels et sa marina, puis finalement nous atteignons le centre politique de la ville sur la place « 25 de Mayo ». Nous avons une pensée émue pour toutes ces mères qui ont défilé des années durant pour lutter contre l’oubli de leurs enfants disparus sous la dictature. Actuellement, cette place est couverte de banderoles pour rappeler au gouvernement de ne pas oublier ses héros tombés lors de la guerre des Malouines. Cette dernière reste une grande cicatrice dans le patriotisme argentin et il n’est pas rare de voir des panneaux proclamant « Las Malvinas son Argentinas »… Cette place chargée d’histoire récente fait quelque peu contraste avec le pays que l’on a découvert durant ces deux derniers mois. En effet, même si la corruption reste présente dans la vie politico-économique du pays, nous avons le sentiment que la population est en train de se relever de son sombre passé, soigne son image et réserve un accueil chaleureux aux étrangers. De plus la jeunesse est extrêmement dynamique dans la vie socio-culturelle de son pays.  Pour toutes ces raisons, nous nous sommes sentis vraiment bien de Salta, où nous avons débarqué il y a deux mois, jusqu’à Buenos Aires. 

Pour en revenir à notre séjour à Buenos Aires, après notre belle balade à vélo à la découverte de la ville, nous nous offrons deux jours de détente totale dans un hôtel wellness. Au programme confort, piscine, cours de tango et petits cocktails sur les terrasses. Quel bonheur de pouvoir se reposer dans un endroit paisible et de profiter de s’amuser dans la vie nocturne de la ville.

Le dernier soir, nous revenons sur terre et retrouvons les auberges de jeunesse pour une « nuit » en dortoir. Nous devrions dire quelques heures en dortoir car la diane est à 5h30 et le départ est prévu pour 6h. Mais c’est sans compter sur notre dernier cours de tango qui commence plus tard que prévu et nous nous couchons vers 1h du matin. Bien entendu, nous avons failli passer la nuit la plus chère de nos vies. En effet nous n’avons pas entendu le réveil et manqué de peu de rater l’avion pour Melbourne. Heureusement Christelle s’est réveillée à 5h55 sans aucune raison, a réveillé Valentin qui en voyant l’heure a sauté de son lit à étage, (en oubliant que c’était un lit à étage) et est tombé contre le lit des voisins (qui ont fait un sacré saut). Le taxi arrive dans cinq minutes et nous devons encore boucler nos valises. Du coup nous n’avons « que » huit minutes de retard sur le programme mais comme nous n’avons pas prévu de marge pour notre vol (le réveil était déjà bien assez matinal) nous avons couru jusque dans l’avion. Finalement, et heureusement pour nous, nous avons pu dormir durant le vol qui a duré 22 heures.

Le tout en images !

lundi 28 janvier 2013

Du Fitz Roy à Ushuaia


El Chaltén

Nous sommes arrivés dans un écrin : El Chaltén et les montagnes qui l’entourent. Ce petit village né en 1985 est la ville d’Argentine la plus récemment conçue. Du coup, malgré qu’il n’y ait pas de réseau pour les téléphones portables (ça tombe bien, on n’en a pas !) et que les connexions internet soient très, très lentes, il y a un parc national dont les infrastructures sont impressionnantes. Cartes détaillées, centre d’informations très compétent, toilettes sèches le long des sentiers, balisages parfaits et… eau potable dans les lacs et rivières ! Oui, oui, on peut boire l’eau des rivières sans traitement ! La nature nous gâte… mais il faut respecter quelques règles simples : ne pas faire ses besoins à moins de 100m d’un cours d’eau et jeter l’eau savonneuse de sa vaisselle ou lessive à au moins 50m d’un cours d’eau. Espérons que cela perdure malgré l’afflux important de touristes dans ce coin de paradis.

Et des touristes, on n’en a pas vu beaucoup car on a tout fait à contre courant. Le premier jour, nous débutons notre trek en début d’après-midi seulement. Nous arrivons donc à la Laguna Torre alors que tout le monde vient d’en repartir. Les pics acérés et enneigés qui se présentent à nous derrière le petit lac gris-vert pleins d’icebergs sont une merveille. On se croirait vraiment dans un rêve. Ça brille, c’est haut, c’est beau… et le must, c’est qu’on a vu ces sommets durant la majeure partie de notre marche, face à nous. Hummm…. Trop bien ! De retour au village, on se rappelle que nous sommes le 31 décembre et que ce soir, c’est le réveillon ! Rien de mieux que de passer le cap à deux, dans notre hôtel de luxe Wicked Camper après un repas gastronomique concocté sur notre réchaud à gaz au clair de bougie !

Pour commencer l’année en beauté, nous marchons jusqu’à un joli point de vue. Le Mont Fitz Roy et les montagnes qui l’entourent sont simplement splendides. Etonnamment, tout est découvert. Pas un nuage. En effet, El Chaltén, le nom du village, signifie la « montagne qui fume » en langue tehuelche. Les indiens qui occupaient cette région à l’origine appelaient ce mont imposant qu’est le Fitz Roy de ce nom, car il ressemble très souvent à un volcan à cause des nuages qui s’y accrochent constamment (voire même qui s’y créent d’après nos observations personnelles). Et bien comme cadeau de bienvenue en 2013, le Fitz Roy s’est présenté dans son plus simple apparat ! Complètement découvert ! Pas un nuage pendant 3 jours ! On en a donc profité pleinement, au point de se lever à 4h du matin un jour, afin d’assister au lever de soleil, avant de marcher 4h jusqu’à la Laguna de Los Tres. De là, où nous arrivons juste avant tous les groupes de touristes, nous ne pouvons pas avoir une meilleure vue sur le Fitz Roy. Il est devant nous, immense, énorme, tel un géant qui défie les quelques alpinistes que nous voyons redescendre à travers le glacier jusqu’à nous. Comme à notre habitude, nous pique-niquons sur un caillou avant de redescendre à El Chaltén. Ce jour-là, nous sommes contents de nous coucher, après 9h de marche. Mais avant, la « douche » dans la rivière glaciale (c’est le cas de le dire, elle provient vraiment des glaciers environnants) est, comment dire ? Rafraîchissante !


La petite frayeur…

Ce jour-là, nous roulons du matin au soir vers le sud. Vers 19h, nous décidons de nous arrêter au bord de la route pour souper et dormir. Cela tombe bien, voilà une place de repos juste au bord de la RN40. Près d’une grande ferme, mais loin de tout, nous ne serons pas trop dérangés par le trafic car la route sera bientôt fermée (la frontière avec l’Argentine n’est pas loin). Nous mangeons bien puis nous couchons. Sur le point de nous endormir, nous sentons soudain que notre camper se fait secouer assez fort. Aucun doute, quelqu’un doit être entrain de secouer le véhicule !! Mais comment est-ce possible ? Ici il n’y a personne ! A travers les rideaux, on aperçoit les feux d’une voiture pas loin… gloups… on tire les rideaux pour voir ce qu’il se passe et là, quelque chose s’enfuit ! On ouvre mieux les yeux et on voit... une vache ! Non, mais ! ça va pas de se gratter sur notre chambre à coucher au milieu de la nuit ??

Les Pinguinos

Nous voilà à Punta Arenas, au sud du Chili. Nous rendons avec émotion notre camper. Le responsable est étonné que nous n’ayons pas eu de problème mécanique… nous en sommes ravis ! A part une porte bloquée vite réparée, deux-trois boulons à resserrer et quelques fuites d’eau à colmater (lorsqu’il pleuvait !), tout s’est très bien passé ! Nous retrouvons donc nos sacs à dos, les auberges de jeunesse et le bonheur des bus publics. Avant de partir pour Ushuaia, nous prenons un ferry pour l’Isla Magdalena où nous attendent… 160'000 manchots de Magellan ! Et oui, 160'000 ! (Nous vous le garantissons car nous les avons tous comptés pour en être sûrs, haha !) Ici, les gens parlent de Pinguinos. Ils ressemblent effectivement à des pingouins, mais sont tout petits. Ils mesurent environ 75cm, sont noirs et blancs et vivent dans des terriers. Au moment où nous les avons vus, ils étaient en couple avec leur petit (qui mue). Ils sont vraiment attendrissants, mais surtout, tellement comiques ! Sur terre, ils marchent d’une manière très maladroite, c’est vraiment rigolo ! C’est vrai que pour descendre la colline jusqu’à l’eau du détroit de Magellan avec les pantalons aux chevilles, nous ne ferions pas mieux ! Par contre une fois qu’ils ont plongé, on croirait presque des dauphins tant ils sont agiles. Ils glissent et sautent même à côté du bateau, vraiment sympa. Nous passons 1h sur cette petite île très venteuse à les observer, puis nous devons repartir. Ce lieu est très protégé et rester davantage pourrait perturber les animaux. Nous rentrons donc à Punta Arenas la tête pleine de belles images et le sourire aux lèvres.


Ushuaia

Et voilà, cette fois-ci, c’est parti pour le bout du monde ! Après avoir roulé 7000km dans notre Wicked Camper depuis Santiago de Chile jusqu’à Punta Arenas, nous voilà en route dans un bus pour Ushuaia ! Au programme, 10h de route dont une bonne partie sur de la piste, la traversée du détroit de Magellan sur un ferry avec escorte de dauphins (!), un passage de douane beaucoup trop long, et les paysages un peu fou de l’Ile de Terre de Feu… Soudain, nous y voilà ! Ushuaia ! Au premier abord, la ville n’est pas très belle. Des containers sont entassés au bord de la route, c’est plutôt industriel. N’oublions pas qu’avant d’être la grande ville la plus australe du monde, Ushuaia est surtout un port bordant le canal de Beagle. Au bout du canal à l’est : l’océan atlantique. Au bout du canal à l’ouest : l’océan pacifique. Au sud, l’île de Navarino, puis quelques îlots dont le fameux Cap Horn. Au nord : des montagnes, des plaines venteuses, des guanacos, puis le détroit de Magellan qui sépare l’île du continent américain. Nous marchons jusqu’à notre auberge pour nous endormir dans un dortoir. Et oui, ici, les prix des chambres doubles sont bien plus élevés que dans le reste de l’Argentine. Pour le même prix, on dort à 6… Et comme tout est plus cher (transports, taxis, excursions, restaurants, etc), notre séjour à Ushuaia se résumera à se reposer et profiter de la belle mezzanine de notre auberge. 

Mais non, vous nous connaissez, on n’y arrive pas… alors on marche gratuitement jusqu’à un point de vue splendide qui domine la ville et le canal de Beagle. Vraiment chouette ! Un autre jour, nous prenons un bateau pour naviguer sur le fameux canal et voir de très près (2-3m.) des lions de mer, des cormorans et des goélands. Le phare planté sur un récif nous fait vraiment nous sentir au bout du monde… Cerise sur le gâteau, Valentin gagne le tirage au sort en rentrant au port. Il reçoit un drapeau de l’Argentine avec lequel il posera en Suisse avant d’envoyer le cliché à la compagnie de navigation !

Un petit restaurant s’impose un soir pour un anniversaire, avec au menu d’excellents fruits de mer et poissons du coin (araignée de mer, coquillages, saumon, merluza negra, perches, langouste,…), grillés à la plancha. Le dessert n’est pas moins succulent, vu que les Argentins sont vraiment des chefs dans ce domaine aussi. On s’est régalé !

Le 12 janvier, nous quittons le bout du monde en avion, par un vent à décorner des bœufs. On se demande bien si l’avion pourra décoller tant le canal de Beagle est déchainé juste à côté de la piste… gloups… mais tout se passe bien et la vue depuis le hublot est démente ! La prochaine étape de transit avant l’Australie sera Buenos Aires, avec sa chaleur, ses cafés sympa et son tango…


Pour la petite histoire, il paraît que lorsque quelqu’un mange des calafates, petites baies des bois de la région patagone, il reviendra dans sa vie en Patagonie… En ce qui nous concerne, nous avons avalé plusieurs pots de confiture de calafates avec nos tartines ! Tout ça pour dire que nous reviendrons, c’est CERTAIN !

samedi 12 janvier 2013

Le glacier Perito Moreno


Après les splendeurs du « Parque Nacional Torres del Paine », nous enchaînons notre périple patagon au nord, vers El Calafate en Argentine. A la douane (au milieu de nulle part), le jour de Noël nous trouvons le douanier endormi. Il vient « contrôler » nos papiers en training et veste officielle en nous disant : « désolé j’ai pas mal fêté hier… ». Autant dire qu’on est passé en Argentine sans aucun problème… Nous arrivons donc à El Calafate le 25 décembre. Mais comme tous les restaurants font des menus spéciaux pour Noël, plus chers, avec moins de choix et stressent les clients pour faire deux services, nous attendons le 26 pour fêter Noël en tête-à-tête. Un délicieux Bife de Chorizo avec frites, vin argentin et dessert au dulce de leche, un vrai régal…




Le lendemain, nous filons directement voir le glacier Perito Moreno, but de notre visite à El Calafate. Et là, quelle n’est pas notre stupéfaction de le découvrir. On est arrivé juste à temps pour voir les derniers centimètres carrés de glace fondre dans le lago Argentino. Et voilà ! Une demi-heure plus tard, il ne reste rien du glacier en photo dans l’en-tête et nous repartons bredouilles, déçus mais également fiers d’avoir assisté à la fin d’un mythe.







Mais non, on vous a bien eus. Quoiqu’on pourrait penser qu’il est en voie de disparaître vu que certains documentaires sur le réchauffement climatique utilisent des images du glacier Périto Moreno, avec d’énormes  séracs craquant et s’écrasant dans le lac Argentino, à tort et à travers comme illustration. Mais en réalité si le glacier craque et si ces séracs tombent dans le lac, c’est à cause de l’AVANCEE du glacier, deux mètres par jour au centre et septante centimètres sur les côtés. Et oui, un glacier qui avance ça existe encore…

Donc nous continuons d’avancer, impatient, sur la passerelle. Après quelques centaines de mètres, nous commençons à apercevoir le haut du glacier par-dessus la forêt. On est tout de suite mis au parfum, un pan du glacier se détache et disparaît derrière les arbres pour se fracasser dans l’eau avec un bruit assourdissant. Nous n’avons vu qu’une infime partie de ce qui s’est passé mais déjà nous nous rendons compte de l’incroyable spectacle que nous allons vivre durant cette journée. En effet, le glacier, haut de 60m, large de 5 kilomètres et long de 30 kilomètres avance. Et en plus, ce glacier n’est qu’un infime bras du champ de glace sud de Patagonie. Il est particulièrement impressionnant car, à n'importe quelle époque de l'année, se produisent des effondrements constants de ses murs de glace. En plus, le front du glacier avance face à la péninsule de Magellan. Quand il atteint la rive opposée, il divise le lac en deux créant des digues naturelles. Les eaux montent alors (jusqu'à trente mètres) et commencent à éroder le glacier qui devient moins résistant (ce qui crée un pont de glace) et cède sous la pression. Cette rupture spectaculaire du front du glacier a lieu périodiquement. Ce phénomène ne va pas tarder à se produire mais, malheureusement pour nous, le glacier n’est pas encore assez érodé pour que l’explosion ait lieu le jour de notre visite.

 Nous restons tout de même « scotchés » devant ce glacier une journée entière. La seule exception est une petite croisière sur le lac pour aller voir le glacier depuis « en bas ». Mais, une fois ce tour en bateau terminé, nous retournons voir le glacier et nous émerveiller en l’écoutant craquer et bouger pour le plus grand plaisir de nos yeux et de nos oreilles. Nous attendons avec impatience d’assister à un effondrement d’une partie du mur du glacier. Et tout à coup, en flânant sur la passerelle, nous voyant tout un pan du glacier qui craque et qui envoie de petits blocs de glace dans le lac et, tout à coup, c’est un bloc de 60m de haut sur 20-30m de large qui se rompt, éclate et finit dans l’eau en nous faisant dresser les cheveux sur la tête tant ce spectacle est impressionnant. Nous sentons vraiment la force de la nature et la pression que le glacier exerce sur lui-même. Durant la journée, nous aurons droit à quatre autres effondrements de ce type qui sont tous plus spectaculaires les uns que les autres. Et pour finir en beauté, c’est le mur de la plus haute partie du glacier qui se détache, vacille lentement, éclate en morceaux et s’écrase dans les eaux du lacs créant un mini tsunami. Complétement dingue !